CPE : une alternative pour l'emploi
Le marché du travail en France semble aujourd’hui coupé en deux : ceux qui ont un travail stable et ceux qui n’ont pas de travail du tout ! Entre ces deux catégories, à part quelques stages, missions d’intérim, emplois aidés et CDD, peu d’alternatives.
Les manifestants anti-CPE souhaitent ce statu quo. « Tout ou rien » peut résumer leur état d’esprit. Or, l’évolution du marché de l’emploi ces trente dernières années nous rappelle qu’à ce jeu on obtient souvent « rien ». Il est d’ailleurs choquant de voir les salariés du secteur protégé (Education nationale, Poste, SNCF, RATP …) combattre le CPE au risque de priver des milliers de jeunes d’un emploi, alors qu’eux ne sont pas menacés dans le leur !
Le CPE n’offre pas la stabilité d’un « CDI classique » c’est entendu. Il propose en retour une alternative à des jeunes qui de toute manière naviguent dans la précarité.
Le CPE, rémunéré au minimum au SMIC, offre plus de garanties qu’un stage peu, voire non payé. D’une durée illimitée (c’est un CDI) il offre une visibilité supérieure à un CDD dont le terme est connu d’avance. C’est aujourd’hui le contrat le mieux indemnisé par l’assurance chômage (quatre mois de travail minimum contre six mois pour les autres contrats).
Contrairement à une idée assez répandue la rupture du contrat est précédée d’un préavis allant de deux semaines à un mois (comme pour n’importe quel contrat de travail). On est loin du « salarié kleenex » jeté du jour au lendemain sans raison. De plus la rupture non motivée qui choque tant l’opinion publique est à relativiser. Un salarié ne peut être renvoyé du fait de son état de santé ou de ses opinions. Le CPE n’échappe pas au Droit du Travail et le conseil de prud’hommes reste seul juge du bien fondé de la rupture d’un CPE.
Enfin, le CPE met à la disposition des jeunes un accès à la formation professionnelle plus efficace qu’avec un autre contrat : dès le premier mois au lieu d’un an avec un « CDI classique ».
Il est encore difficile de prévoir l’impact qu’aura le CPE sur l’emploi. Certains pensent qu’il représentera un simple effet d’aubaine pour des entreprises qui auraient de toute façon embauché avec ou sans CPE. D’autres espèrent que les entrepreneurs s’empareront du CPE et créeront des milliers d’emplois.
Le CPE offre une flexibilité qui peut débloquer la création d’emplois dans un pays qui souffre de la pesanteur du Droit du Travail. Cependant, face à la crise actuelle, il importe de renouer le dialogue social et de privilégier la négociation entre les partenaires sociaux.
Le CPE ne sera accepté que s’il est expliqué.