Max Gallo raconte les Chrétiens

Publié le par Sophie Seilhes

Depuis l’entrée dans le troisième millénaire, pressenti comme devant être celui de la spiritualité, les questions autour de la religion, sont au centre des préoccupations actuelles. On le constate quotidiennement, au travers de nombreux sujets, comme par exemple une réforme possible de la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat, ou encore, et de manière plus prégnante, au vu d’une situation internationale de violence et de tension extrêmes engendrées par une presse trop zélée à caricaturer des dogmes religieux intouchables.

 

Contexte faisant, « le Manteau du soldat », première partie du triptyque « Les Chrétiens », nous replonge dans les eaux baptismales de la chrétienté et nous donne quelques clés pour mieux appréhender ces temps de bouleversements et de changements profonds qui mêlent tour à tour rationnel et irrationnel et font que l’histoire peut apparaître comme un éternel recommencement.

 

Max Gallo nous propose avec une plume toujours incisive et juste la confrontation de deux époques, de deux générations, de la rencontre improbable d’un père et d’un fils que tout oppose. C’est à travers l’histoire de saint Martin de Tours, le premier évangélisateur des Gaules, que Père et Fils s’affrontent, s’entredéchirent, se découvrent.

 

Dans ce volet, deux conceptions du monde se confrontent : l’héritage d’un empire romain décadent et l’émergence d’une foi nouvelle où sont présents les opportunistes comme les véritables croyants.

L’ambivalence des personnages est construite sur ce rapport. Le Père, arrivant en fin de vie, ayant accumulé une forte expérience de vie, s’enferme dans une vision désabusée des choses et n’accorde plus aucun espace à un possible idéal. Le Fils dont la jeunesse l’amène à avoir une analyse doctrinale qui, quoique opposée dans le fond, est similaire dans la forme à celle de son Père. Il s’enferme dans une vision abstraite des choses et refuse sa part d’humanité dans son côté le plus instinctif.

 

Un huis clos intellectuel qui confronte la capacité de l’être humain à apprécier son rapport entre une réalité trop terre à terre et une spiritualité qui le porte au-delà des vicissitudes quotidiennes, mais qui peut le conduire à des extrémités irrationnelles.

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Publié dans Coups de coeur

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