Machiavel en démocratie
Dans son dernier ouvrage, Machiavel en démocratie, Edouard Balladur se livre à une magistrale leçon de politique.

En quelque sorte, un discours sur la méthode à la façon dont Machiavel enseignait dans Le Prince. La description de la mécanique du pouvoir y est sans concession, les maîtres mots jalonnant l’ouvrage étant cynisme et manipulation.
L’auteur peut aujourd’hui se permettre cette franchise : sa longue carrière politique (on l’oublie souvent mais Edouard Balladur était déjà le secrétaire général de l’Elysée sous Georges Pompidou) est désormais derrière lui. Ce livre, en forme de testament politique, nous rappelle que l’ancien premier ministre reste un fin observateur de notre vie politique.
Même si beaucoup de propos apparaissent comme des évidences, ce livre a le mérite de nous rappeler certaines règles du fonctionnement de nos démocraties modernes surmédiatisées.

Pour l’auteur, le Politique y est en perpétuelle représentation. La démocratie privant l’élu de l’usage de la force et de la peur, celui-ci doit sans cesse recourir à la manipulation et à la séduction.
L’intérêt de l’ouvrage est que chaque thème y est abordé avec une franchise rare chez un homme d’état, davantage familier de la langue de bois. Les chapitres se succèdent méthodiquement à l’image d’un manuel du parfait politicien : comment s’imposer en politique, savoir s’entourer, trahir s’il le faut, durer au pouvoir… Le dernier chapitre s’intitule de façon ironique « perdre le pouvoir ». Il est vrai que dans ce domaine M. Balladur a acquis une certaine expérience.