Parité : vers une société de quota ?
Sophie Seilhes
Janvier 2006, le Président de la République appelle de ses vœux une parité obligatoire dans les exécutifs régionaux, intercommunaux et communaux (+3 500 habitants).
La course à la parité en politique est un combat législatif engagé de manière récente. En effet en 1999, une réforme constitutionnelle a introduit la notion d’ « égalité d’accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ».
Depuis, une série de lois promulguées entre 2000 et 2003, a amené le monde politique français à introduire une nouvelle donnée : l’obligation de présence des femmes.
Radicalement imposée dans les scrutins de listes, la femme « quota » a fait son apparition dans les assemblées communales, régionales et européennes. D’après l’Observatoire de la Parité, sa présence s’est trouvée particulièrement confortée, alors qu’au contraire les scrutins uninominaux (législatives, cantonales et certaines sénatoriales) ont vu une féminisation bien faible au regard des espérances de la modification constitutionnelle.
A contrario de cette situation mathématique, le Monde du 17 janvier offre sa Une et consacre quatre articles aux femmes chefs d’Etat. Nous n’en sommes pas encore à vivre une déferlante féminine mais il est indéniable que ce club compte de plus en plus en nombre et en poids dans les décisions internationales. Etats-Unis, Amérique du Sud, Afrique, Europe, autant de continents où les femmes accèdent aux plus hautes responsabilités.
De fait, appeler à une société de quota en France trouve difficilement écho. Serait-on en décalage ?
Le débat est ouvert sur notre volonté à aller vers une société de responsabilité où la représentation politique n’est pas une question de sexe et par extension de couleur de peau, de croyances particulières mais traduit un véritable courage et une volonté à embrasser la chose publique.
Plus largement, la société française cherche l’équilibre à atteindre entre l’ouverture aux minorités et le risque de dériver vers une société cloisonnée.
Qu’adviendra-t-il, si on n’y prend garde, du français ordinaire sans signes particuliers ?