La précarité n’est pas une fatalité

Publié le par Philippe Franceschetti

La controverse sur le CPE est en partie menée autour de la question de la précarité. Ce mot est utilisé comme une sorte d’insulte politique ou comme une antre infernale dans laquelle le gouvernement veut enfoncer la société. Mais est-il juste de se focaliser sur la précarité ?



La précarité professionnelle peut se définir comme une incertitude importante quant à son avenir professionnel. C'est une notion fortement subjective et relative, puisqu'elle est définie par rapport à ce qu'on peut considérer comme la "norme".

 

En conséquence, la précarité tient davantage du sentiment que chacun ressent sur la place qu’il a dans son environnement social. Le sentiment de précarité dépend de la relation qu’on entretient avec son emploi ou avec l’alternance d’emplois.

 

Un nouveau contrat de travail aiguise-t-il la précarité ? Répondre par l’affirmative, c’est amalgamer une question de législation du travail et une réalité sociale qui en est souvent indépendante.

 

La précarité est malheureusement installée en France. Elle est sensible chez les jeunes arrivant sur le marché du travail et les quinquas. Il est donc difficile de l’imputer intégralement à un développement effréné du libéralisme, chose peu courante dans notre pays !

 

Le sentiment de précarité s’évalue suivant une norme. Et cette norme, en France, c’est le CDI. Généraliser cette norme à tous les salariés, c’est l’idéal illusoire qui fait le fond de commerce de la gauche qui, elle, a su créer une autre forme de précarité avec les emplois-jeunes !

 

Néanmoins, la droite n’a pas su éteindre, ne serait-ce qu’un peu, le sentiment de précarité. C’est parce que le seul remède qui transforme la précarité en une simple alternance d’emploi sans crainte surdimensionnée en l’avenir, c’est la croissance ! Une dynamique efficace pour assurer une possibilité d’emploi à tous, sans créer des surplus d’emplois protégés. S’attaquer au contrat de travail n’aura là que peu d’effet profond.

 

La France attendait une forte politique sur ce front : elle mérite quelqu’un qui s’y attache ! Elle n’a eu pour l’instant qu’une guerre idéologique sans rapport au réel et sans répercussion sur l’emploi et la façon dont les Français l’envisagent !

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article